Santé

1. L’engagement français global dans la santé et la protection sociale :

La France accorde une importance particulière au droit fondamental qu’est la santé. Elle consacre une part significative de son effort dans le domaine du développement et de la solidarité internationale à l’amélioration des conditions de santé et de protection sociale dans les pays en développement. C’est également un secteur dans lequel la France dispose de compétences reconnues.

Une des premières priorités française est la lutte contre les trois grandes pandémies : VIH/sida, tuberculose et paludisme. La France a ainsi participé en 2002 à la création du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (FMLSTP) dont elle reste le 2ème contributeur avec 360 millions d’euros par an. Le Fonds mondial qui est devenu le principal organisme multilatéral de collecte de fonds pour la santé dans le monde, fournit 82% du financement international pour la lutte contre la tuberculose, 50% de celui consacré à la lutte contre le paludisme et 21% de celui consacré à la lutte contre le VIH/sida. Il a été qualifié de l’innovation la plus efficace de la dernière décennie pour l’aide externe. Avec le Brésil, la Norvège et le Royaume-Uni, la France a aussi permis en 2005 la création d’UNITAID dont elle est le 1er contributeur avec plus de 160 millions d’euros versés chaque année. Financé par une taxe de solidarité sur les billets d’avion, UNITAID cherche à influencer les marchés des matériels médicaux et des médicaments contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme (baisses de prix, qualification de traitements plus adaptés, introduction de nouveaux matériels ou traitements, etc.).

La France se mobilise également pour la santé des femmes et des enfants. Au sommet du G8 de juin 2010 à Muskoka, la France s’est engagée à augmenter sa contribution à la lutte contre la mortalité maternelle et infantile de 500 M€ pour la période 2011-2015. Une partie de ces financements a été allouée à 4 agences des Nations unies : l’OMS, le FNUAP, l’UNICEF et ONU Femmes. Ces quatre agences développent un cadre commun d’activités aux objectifs suivants : espacement des naissances et prévention des grossesses non désirées, suivi des grossesses, naissances et post-partum, prise en charge intégrée des maladies de l’enfant (PCIME), vaccination et nutrition. Les engagements bilatéraux ont pour leur part été augmentés de 48 M€ par an. Ces fonds additionnels sont gérés par l’Agence française de développement (AFD) et destinés à 16 pays africains prioritaires : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Comores, Congo, Côte d’Ivoire, Guinée, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Sénégal, Tchad et Togo. Deux pays en crise sont également inclus (Haïti, Afghanistan).

La vaccination est un autre axe prioritaire de la santé des enfants. La France s’y associe par son soutien à l’alliance mondiale pour les vaccins et l’immunisation (GAVI). Il s’agit d’un partenariat public-privé créé en 2000 en vue de protéger les enfants contre les principales maladies que l’on peut prévenir par la vaccination. Au cours des 10 dernières années, GAVI a financé la vaccination de plus de 250 millions d’enfants dans 73 pays les plus pauvres du monde. GAVI estime à 4,5 millions le nombre de nouveaux décès qui seront évités grâce à son action entre 2010 et 2015, par exemple grâce à l’introduction des vaccins anti-pneumoccocique et anti-rotavirus. La France est le 4ème pays contributeur de GAVI (79 M€ en 2013). Son soutien financier passe en partie par la facilité financière internationale pour l’immunisation (IFFIm).

La France a joué un rôle pionnier dans la mobilisation internationale autour des maladies tropicales négligées (MTN). Elle poursuit son action en faveur de la recherche et pour la prévention et le traitement de ces maladies à travers son soutien à l’OMS et à la Drugs and Neglected Disease Initiative (DNDi).

La coopération doit cependant s’adapter à la double transition démographique (vieillissement) et épidémiologique (progression des maladies non transmissibles ou MNT) qui affecte aussi les pays en développement. Les MNT, principalement les troubles cardio-vasculaires, les cancers, les diabètes et les affections respiratoires chroniques, représentent déjà près de deux tiers de la mortalité à l’échelle mondiale. Cela demande notamment une meilleure prise en compte du rôle des déterminants comportementaux, sociaux (éducation, égalité femme-homme, logement, etc.) et environnementaux. La France met l’accent sur la recherche, la promotion de la santé et la prévention, en ciblant les principaux facteurs de risque communs à ces pathologies : tabac, usage nocif de l’alcool, mauvaise alimentation et sédentarité. En outre, la France soutient le Centre international de recherche contre le cancer (CIRC), basé à Lyon.

Plus récemment, la France a mis la couverture sanitaire universelle (CSU) telle qu’elle a été définie par les Nations unies en décembre 2012, au rang de ses priorités. La CSU comporte trois dimensions complémentaires : l’accès aux soins (qui est couvert ?), la qualité des soins (quels services sont disponibles et sous quelle forme ?) et le financement (quel est le niveau de couverture ?). Elle contribue à renforcer les systèmes de santé en améliorant la qualité et en rendant leurs financements plus pérennes. La France a placé la CSU tout en haut de son action diplomatique en faveur de la santé, notamment pour la préparation de l’agenda post-2015.

2. L’action française en faveur de la santé au Mozambique :

a. La formation médicale et paramédicale :

La France est un partenaire du Mozambique pour la formation médicale depuis de nombreuses années. Plusieurs formations sur le VIH/sida ont été réalisées sur place dans les années 90, puis le programme d’anesthésie-réanimation médecine d’urgence (PARMU) début 2000, enfin des formations accompagnant l’ouverture de l’institut du cœur de Maputo. La France attribue régulièrement des bourses pour des études médicales en France, dans des domaines aussi variés que la cardiologie, la gastro-entérologie et la santé publique.

Un nouveau programme est mené depuis juillet 2012 par le ministère de la santé mozambicain (MISAU) avec l’appui de l’université Victor Segalen de Bordeaux II et le Centre hospitalier universitaire (CHU) de la Réunion, sur financement de l’Agence française de développement (AFD) pour 900 000 euros. Onze étudiants sont ainsi formés en anesthésie-réanimation pendant 3 ans à l’hôpital central de Maputo par l’université de Bordeaux. Cette première étape sera suivie par une année en France aux CHU de Bordeaux et de la Réunion en 2 promotions : la 1ère partira en novembre 2014 et la 2ème en 2015. Est également associée à ce projet, la formation de dix techniciens supérieurs d’anesthésie, avec un stage de 2 semaines soit à Bordeaux, soit à la Réunion.

b. Le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme :

Le soutien français au Mozambique pour la lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme passe par les voies multilatérales, avec deux intervenants : le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (FMLSTP) et UNITAID.

Le Fonds mondial est présent au Mozambique depuis 2002. Il permet l’achat de médicaments (antirétroviraux ou ARV, antituberculeux, traitements combinés à base d’artémisinine ou ACT, etc.) et de différents matériels (moustiquaires imprégnées, matériel de laboratoire, etc.). Il finance aussi le renforcement du système de santé national et les activités communautaires mises en place par les ONG. Au 1er juillet 2014, le Fonds mondial a attribué 690 millions de dollars au Mozambique, dont 390 ont déjà été déboursés. La France étant le 2ème bailleur du Fonds mondial, cela représente un soutien français au Mozambique de 94 millions de dollars pour la lutte contre les 3 grandes pandémies.

Les financements d’UNITAID pour le Mozambique ont débuté en 2007 et sont mis en place localement par Stop TB et par la Fondation Clinton (CHAI). Ils ont permis l’achat d’ARV de 2nde ligne, d’ARV pédiatriques, d’ACT injectables et traitements pour la tuberculose multirésistante. Ils ont aussi facilité l’introduction de matériel de diagnostic contre le VIH et la tuberculose utilisable dans les centres de santé isolés (technologie Point of Care). Deux projets portés par Médecins Sans Frontières sont en cours de préparation pour l’introduction de nouveaux traitements contre l’hépatite C et la tuberculose multirésistante. Au 31 décembre 2013, l’appui d’UNITAID se montait à 42 millions de dollars, dont 60% est d’origine française, soit environ 25 millions.

c. Les vaccinations :

Comme pour le VIH et la tuberculose, le soutien français pour le programme de vaccination du Mozambique passe la voie multilatérale avec l’Alliance mondiale pour les vaccins et l’immunisation (GAVI Alliance). Les financements de GAVI ont déjà permis l’introduction de 3 nouveaux vaccins (Hépatite B, Haemophilus influenzae, pneumocoque), et bientôt ceux contre le rotavirus et le HPV, plus une 2ème dose contre la rougeole. Au total, l’apport de GAVI au Mozambique dépasse les 100 millions de dollars sur 15 ans, dont 6,5 millions sont d’origine française.

3. Contacts :

Le Dr Philippe TABARD, conseiller régional santé, basé à l’ambassade de France à Pretoria, est compétent pour le Mozambique et le Swaziland :

  • 250 Melk Street
  • New Meuckleneuk
  • 0181 Pretoria
  • Tel : +27 (0) 12.425.1600

Autres contacts :

-Service de coopération et d’action culturelle de Maputo

  • Av. Julius Nyerere n°2361
  • Tel : +258 21 48 46 32
  • Maputo

- Bureau de l’AFD à Maputo.
http://mozambique.afd.fr

  • Av. 24 de Julho n° 1500
  • Tel : +258 21 30 43 00
  • CP2647
  • Maputo

Dernière modification : 15/08/2014

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