Monsieur le Président de la République, Monsieur le Ministre de l’Energie, Mesdames et Messieurs les Ministres, Chers collègues du corps diplomatiques et représentants des Organisations internationales, Mesdames et Messieurs,
C’est pour moi un grand honneur de participer aujourd’hui, aux cotés de son excellence, Monsieur le Président de la République du Mozambique, à l’ouverture officielle de ce séminaire consacré au projet de construction de lignes électriques à haute tension entre le centre et le sud du pays. Je suis également honoré de m’exprimer non seulement au nom de la France, mais aussi de l’ensemble des partenaires au développement du Mozambique, puisque c’est la France qui assure actuellement, aux cotés du ministère de l’Energie, l’animation des bailleurs de fonds impliqués par ce secteur.
Monsieur le Président de la République,
Le Mozambique dispose de ressources économiques nombreuses et variées. L’exploitation de ces richesses énergétiques, qu’elles proviennent du charbon, du gaz ou de l’hydro-électricité, vont métamorphoser l’économie de ce pays dans la décennie qui vient. Or, parmi ces ressources énergétiques, l’hydro-électricité me semble jouer un rôle essentiel.
Essentiel, parce que l’énergie électrique constitue le « moteur » de toute politique de lutte contre la pauvreté et pré-conditionne le développement d’activités économiques modernes. L’accès à l’énergie électrique constitue une demande pressante et récurrente des populations à coté de l’Ecole et du Centre de santé. Et si le secteur électrique mozambicain connaît depuis quelques années un développement remarquable, il demeure caractérisé par un faible niveau d’électrification, 18%, qui fait encore du bois de chauffe le seul recours énergétique pour le plus grand nombre. Le Mozambique, en valorisant un potentiel énergétique encore largement inexploité sur l’un de ses fleuves les plus majestueux, le Zambèze, se positionne pour répondre au double défi de satisfaire une demande nationale en forte croissance, et de soutenir le développement de son tissu économique et industriel.
La production d’énergie électrique à partir des ressources hydrauliques me paraît également essentielle parce que notre monde prend peu à peu conscience de l’impérieuse nécessité de lutter à la fois contre les émissions de gaz à effet de serre, sources des changements climatiques, et contre la dépendance aux énergies fossiles. Dans une région, l’Afrique australe, particulièrement vulnérable aux bouleversements attendus du climat, et où la ressource fossile est abondante, le Mozambique fait le choix de l’avenir, en perpétuant une matrice énergétique menée par l’hydro-électricité, une énergie « propre » et renouvelable.
A travers la valorisation énergétique de ses richesses hydrauliques, le Mozambique favorisera ainsi son développement économique tout en ayant un impact aussi réduit que possible sur l’environnement.
Monsieur le Président de la République,
Le projet CESUL est soutenu activement par vos partenaires au développement engagés dans le secteur de l’énergie. Parmi ceux-ci, en association étroite et permanente avec les autres donateurs, la France contribuera de manière significative à cet important investissement.
Ce dernier bénéficie d’un soutien unanime car la construction de ces lignes de transmission est reconnue par tous comme un projet éminemment structurant.
Il rendra notamment possible la sécurisation de l’approvisionnement en électricité de la région de Maputo/Matola, principal centre de consommation du pays, lieu de vie d’une population toujours grandissante et berceau d’une activité économique florissante. Par ailleurs, le gouvernement mozambicain ayant décidé de doubler la ligne en courant continu par une ligne en courant alternatif, il sera possible d’aménager sur ce trajet de près de 1600 kilomètres des sous stations pour desservir les localités intermédiaires. C’est donc tout le Centre et le Sud du pays qui bénéficieront de l’accès à une énergie stable et de qualité, et l’ensemble du secteur énergétique mozambicain qui profitera d’un réseau entièrement intégré, à la gestion facilitée.
La contribution de cette opération à la nécessaire dynamique d’intégration des pays de la région motive également notre appui collectif. Le Mozambique propose en effet, grâce aux liens que l’initiative CESUL contribuera à établir avec les pays voisins, une réponse adaptée aux enjeux énergétiques de l’Afrique australe, en s’affirmant comme acteur majeur dans le panorama énergétique régional.
Naturellement, le projet CESUL que vous lancez ce matin, Monsieur le Président de la République, est, bien qu’indépendant, lié aux projets importants de génération d’électricité à partir de nouvelles centrales hydrauliques. Parmi ces projets, le barrage de Mphanda Nkuwa apparaît comme le plus avancé, et nombre d’investisseurs, dont de grandes entreprises françaises, ont manifesté leur intérêt pour participer à cette aventure. Citons également le projet Cahora Bassa Norte, ou encore d’autres perspectives plus modestes.
Cette panoplie de projets est destinée à faire du Mozambique un grand pays fournisseur d’une énergie électrique propre et économique. L’ensemble des acteurs de ces projets auront ainsi contribué non seulement au développement accéléré du Mozambique, mais également à l’intégration régionale du secteur de l’énergie, et à la préservation pour les générations futures de notre bien le plus précieux, le monde dans lequel nous vivons.
Monsieur le Président de la République,
Au nom des partenaires du secteur de l’énergie, je tiens à vous faire part de l’enthousiasme avec lequel nous adhérons au projet CESUL qui est lancé aujourd’hui, et à former des vœux nombreux pour la pleine réussite de ce grand dessein.
Je vous remercie de votre attention.
