La France et le Mozambique

La France et le Mozambique – relations politiques et coopération militaire

JPEG - 184.1 ko
Entretien avec M. Filipe Nyusi, président de la République du Mozambique

Un voisinage ancien dans l’Océan Indien :

La France entretient avec le Mozambique une relation de voisinage ancienne dans l’Océan Indien. L’appartenance à la France de l’île de la Réunion, qui a développé très tôt des relations économiques avec le Mozambique, date ainsi de 1642. La présence française à Mayotte, devenue un département français par référendum en 2009, date de 1841. Ces deux départements français rassemblent environ un million d’habitants, la plus importante population française d’outre-mer, et sont des vecteurs importants de la coopération (militaire, économique et culturelle) entre la France, le Mozambique et les autres pays de l’Océan Indien.
La France possède également une vaste zone économique exclusive dans le canal du Mozambique, autour des îles Eparses, qui font partie des Terres Australes et Antarctiques Françaises (cf www.taaf.fr).

Présence française avant la décolonisation du Mozambique :

A la fin du 19e siècle, la France était un partenaire commercial majeur du Mozambique : les armateurs français assuraient alors une part prépondérante du commerce international du Mozambique et d’importants capitaux français avaient été investis dans la Compagnie du Mozambique (plantations dans les districts de Manica et Sofala). La France importait du Mozambique du sésame et du coprah, ce dernier étant un ingrédient essentiel du célèbre savon de Marseille.
C’est à cette époque que la France a ouvert sa première représentation à Lourenço Marques (nom de Maputo à l’époque de la colonisation portugaise), avec un vice-consulat (1895), qui devint ensuite un consulat (1925) puis un consulat général (1953) et enfin une ambassade (1976). La France avait également ouvert des agences consulaires à l’Ile du Mozambique, capitale du Mozambique jusqu’en 1898, de 1876 à 1906, à Ibo de 1883 à 1916, à Quelimane de 1898 à 1936, à Beira de 1899 à 1975 et à Inhambane de 1890 à 1923.
Les premiers accords bilatéraux signés par la France concernant le Mozambique datent des années 1890 et concernaient l’établissement de liaisons télégraphiques entre Madagascar et le Mozambique.
De cette période, les Mozambicains retiennent surtout, en ce qui concerne les relations avec la France, le célèbre arbitrage international du 24 juillet 1875 du Maréchal Mac Mahon, Président de la République française, qui a reconnu l’appartenance au Mozambique de la baie de Delagoa (et donc de Lourenço Marques), revendiquée par les Britanniques.

Mac Mahon - JPEG

Depuis l’indépendance, la France est un fidèle partenaire du développement pour le Mozambique :
Dès les premières années de l’indépendance du Mozambique, la France a apporté à ce pays une aide au développement, dans le cadre de l’accord général de coopération signé en 1981, avec notamment la mise à disposition du Mozambique d’une importante assistance technique, en particulier dans les secteurs de la santé et de l’enseignement du français. C’est également depuis 1981 que l’Agence Française de Développement (AFD) intervient au Mozambique.
Dans les années 90, au début de la période fragile du retour à la paix, la France a accordé une aide alimentaire au Mozambique. A la même époque, elle a joué un rôle prépondérant pour créer le Centre Culturel Franco-Mozambicain, ouvert en 1995 dans la Baixa de Maputo, qui reste l’un des plus beaux symboles de l’amitié et de la coopération franco-mozambicaines.
La France a pris également une part active dans le désendettement du Mozambique : à l’occasion du 16e sommet franco-africain de la Baule (1990), elle a annulé 1,2 milliard de francs au titre de la dette mozambicaine. Depuis, la dette mozambicaine à l’égard de la France, qui était l’un des principaux créanciers du pays, a constamment diminué, notamment au début des années 2000 dans le cadre de l’initiative du FMI et de la Banque Mondiale en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) : elle est ainsi passée de 477,9 millions de dollars à 126 millions de dollars fin 2000. La majeure partie de la dette restante a été refinancée dans le cadre des contrats de désendettement et de développement (C2D) que met en œuvre l’AFD.
La France fait aujourd’hui partie du G19, un groupe informel des bailleurs de fonds qui participent à l’aide budgétaire globale au Mozambique (voir section « coopération bilatérale » de ce site pour plus d’informations).

Un dialogue politique dans un cadre bilatéral, européen et multilatéral :

La France a fait partie des pays associés au suivi du cessez-le-feu de 1990 puis des accords de Rome (1992), qui ont mis fin à la guerre civile au Mozambique.
La visite au Président Jacques Chirac au Mozambique en juin 1998 a illustré le renforcement des relations franco-mozambicaines depuis le retour à la paix au Mozambique. Celles du Président Joaquim Chissano à Paris en mai 2004, puis les visites du Président Armando Guebuza en juillet 2006 et septembre 2013 en ont consacré la qualité et la solidité.
Cette dernière visite, qui a permis au Président François Hollande de connaître son homologue mozambicain, a permis de relancer la relation bilatérale autour de la coopération et des échanges économiques ainsi que de la relation de bon voisinage dans le canal du Mozambique. Une première suite de ce dialogue renoué a été la visite de Mme Nicole Bricq, ministre du commerce extérieur, à Maputo et Pemba les 3 et 4 mars 2014, avec une délégation de 27 entreprises et de hauts représentants du MEDEF International et du MEDEF Réunion. La ministre a annoncé à cette occasion la décision de la France de rouvrir le service économique de son ambassade à Maputo.

Le président Filipe Nyusi, qui a pris ses fonctions le 15 janvier 2015, a effectué une visite officielle à Paris les 19-21 juillet 2015, à l’occasion de son premier déplacement en dehors du continent africain. Accompagné de 4 ministres et d’une trentaine d’entreprises, il a appelé les entreprises françaises à investir davantage dans son pays et a assisté à la signature du 4e et dernier contrat de désendettement et de développement (C2D), pour la période 2015-2019 (17,5 millions d’euros). Cette visite avait été préparée par celle, le 12 mars 2015, de M. Oldemiro Baloi, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, qui a participé à l’ouverture d’un colloque organisé par le Sénat et Business France sur le potentiel du Mozambique pour le commerce et l’investissement français.
La France participe également au dialogue politique entre l’Union Européenne et le Mozambique instauré dans le cadre de l’accord de Cotonou, conclu en 2000 entre l’Union Européenne et les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique). Cf site http://europa.eu

Enfin, le Mozambique est membre de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), en tant qu’observateur (depuis 2006) et participe assidûment aux sommets Afrique-France.

Coopération militaire

L’accord bilatéral relatif au statut du personnel des détachements militaires français participant aux activités conjointes organisées en République du Mozambique, entré en vigueur le 1er juin 2004, a permis le développement des relations bilatérales portées par les FAZSOI (Forces Armées dans Zone Sud de l’Océan Indien) dont le Commandant supérieur se rend régulièrement au Mozambique (dernière visite enmars 2015, général REIGNIER). Notre coopération se concentre essentiellement sur l’enseignement du français en milieu militaire (à l’Académie militaire Samora Machel de Nampula), le soutien à la marine mozambicaine, la formation, y compris dans le domaine des opérations de maintien de la paix, la participation à des exercices interarmées des FAZSOI.

JPEG

JPEG - 51.1 ko
Patrouilleur Hauturier LE MALIN dans le Port de Maputo
JPEG - 51.1 ko
Patrouilleur Hauturier LE MALIN dans le Port de Maputo

Patrouilleur Hauturier LE MALIN dans le Port de Maputo
Information mise à jour en juillet 2015

Dernière modification : 23/07/2015

Haut de page