Monsieur le Sénateur, Madame la Conseillère à l’Assemblée des Français de l’étranger, Chers Collègues, Chers compatriotes,
Mon épouse et moi sommes heureux de vous accueillir ce soir dans les salons de la Résidence de France à l’occasion de la traditionnelle réception de présentation des vœux.
2011 vient de s’achever. Ce fût une rude année.
Certes, chaque époque voit son lot de catastrophes et de déceptions eu égard aux espoirs suscités par l’annonce d’une année nouvelle.
Mais, indéniablement, 2011 marquera l’histoire par des faits tout à fait exceptionnels.
Dès le début de l’année dernière en effet, de terribles évènements se sont produits au Japon, victime d’un important tremblement de terre suivi par un tsunami qui a submergé la centrale de Fukushima et entraîné un accident nucléaire de première grandeur.
La crise financière qui a fait trembler l’économie mondiale à l’été 2008 paraissait enfin sous contrôle lorsque certains Etats européens, trop endettés, ont subis au printemps 2011 l’attaque des marchés internationaux, contraignant les dirigeants de la zone euro à multiplier les réunions au sommet pour venir en aide à la Grèce, au Portugal, à l’Espagne et à l’Italie.
Sur la scène internationale, le refus de M. Gbagbo de reconnaître le résultat de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire a entraîné de nouveaux affrontements et contraint les forces internationales sous mandat de l’ONU à intervenir pour mettre fin à l’effusion de sang et rétablir la légalité constitutionnelle. Deux de nos compatriotes ont malheureusement été assassinés par les forces de M. Gbagbo et ce dernier, désormais devant ses juges de la Cour pénale internationale, devra répondre de ses actes.
Au Sahel se développe un mouvement terroriste qui n’a pas hésité à enlever plusieurs européens, dont des français, afin d’obtenir des rançons. Nous avons, en ce jour, une pensée pour ceux de nos compatriotes qui ont péri au cours de ces enlèvements et ceux qui, depuis des mois, vivent la tragédie de l’isolement, ainsi que pour leur famille. Mais, le fait qui demeurera dans l’Histoire pour les générations futures, c’est la révolte des populations arabes contre des dictatures qui paraissaient inamovibles.
En Tunisie, en Egypte, en Lybie, au Yémen, en Syrie, le vent de la révolte, la revendication de la liberté et de la démocratie, a poussé dans la rue des masses d’hommes et de femmes qui ont osé affronter les armées des dictateurs.
Si les anciens chefs d’Etat de Tunisie et d’Egypte ont été rapidement submergés par la révolte populaire, ceux de Lybie et de Syrie n’ont pas hésité à la réprimer sauvagement, usant de tous les moyens militaires dont ils disposaient pour massacrer les manifestants.
L’intervention de l’OTAN en Lybie, rendue possible par un vote du Conseil de Sécurité des Nations Unies, a permis d’éviter le bain de sang promis par Kadhafi alors qu’en Syrie, un régime désormais illégitime, s’accroche au pouvoir et continue à réprimer par la violence son propre peuple grâce à la paralysie de l’ONU empêchée d’agir par les vetos de certains membres permanents du Conseil de Sécurité.
Dans tous ces évènements, la France a joué un rôle majeur. Au Japon, en Côte d’Ivoire, en Lybie ou dans la sauvegarde de notre monnaie, chacun a pu constater l’engagement personnel des plus hauts responsables de notre pays qui, aux cotés de leurs partenaires, ont adopté les mesures qu’imposaient la situation.
Assurant en 2011 la présidence du G8 et du G20, la France a, par ailleurs, poursuivi ou engagé de nouveaux chantiers pour la gouvernance mondiale.
Ainsi, la rénovation du système financier international, la régulation du système bancaire et des marchés de matière première, la lutte contre les changements climatiques, la dimension sociale de la mondialisation ou la recherche de nouveaux financements pour le développement, notamment d’une taxe sur les transactions financières, ont été au cœur des travaux du sommet de Cannes.
Notre pays a ainsi démontré qu’il entendait demeurer un grand acteur sur la scène internationale et qu’il n’hésitait pas à assumer ses responsabilités.
Oui, l’année 2011 fût une terrible année pour de nombreux pays.
Le Mozambique, en revanche, après le léger fléchissement de sa croissance économique enregistré en 2009 et 2010, a repris sa marche en avant. Placée sous la commémoration de la disparition du Premier Président du pays, M. Samora Machel, l’année 2011 a ainsi été marquée par l’organisation des Jeux Africains dont tout le monde considère qu’ils furent une réussite.
Nos relations avec le Mozambique ont continué à être excellentes au cours de l’année écoulée. S’il n’y a pas eu de visite ministérielle française dans ce pays en 2011, l’organisation à Maputo de la Conférence des Ambassadeurs dans les pays de la SADC à laquelle ont également participé les Préfets de la Réunion, de Mayotte et des Terres australes et Antarctiques françaises, ainsi que les élus de la Réunion et de Mayotte et les représentants des milieux économiques de ces départements français de l’Océan indien a permis de mieux faire connaître le Mozambique et ses potentialités aux différents participants.
2012 est maintenant devant nous.
Nous espérons tous que cette année sera meilleure que la précédente.
Pour autant, nous savons que des efforts importants devront être consentis par chacun de nous afin de permettre à notre pays de mieux maîtriser ses finances publiques et de relancer la croissance. La crise qui nous affecte aujourd’hui n’est pas une parenthèse, c’est un tournant. Il nous faut innover, repenser notre vie collective, et d’abord le rôle et l’engagement de l’Etat, et nous adapter à un monde qui évolue rapidement et qui ne nous attendra pas.
Je ne doute pas, pour ce qui me concerne, que la France saura, avec ses partenaires européens, trouver l’élan nécessaire pour sortir plus forte de la situation actuelle.
Le Mozambique pour sa part assurera cette année la double présidence de la SADC et de la Communauté des peuples de langue lusophone. Il aura ainsi notamment la lourde charge de suivre la situation dans les pays fragiles ou en crise de la sous région.
Enfin, dans quelques semaines, nous serons appelés à choisir ceux qui dirigeront la France dans les prochaines années. C’est un moment important dans la vie démocratique de notre pays et j’espère que nos compatriotes seront nombreux à exercer leur droit de vote.
Chers collègues, Chers amis,
Nous sommes tous conscients de la chance qui est la notre de vivre et de travailler au Mozambique, ce pays ami de la France, hospitalier et disposant d’un fort potentiel de développement économique et social. Ceci doit être un formidable encouragement pour nous tous, dans les fonctions qui sont les nôtres, à multiplier nos efforts pour que les relations entre la France et le Mozambique se renforcent encore au cours des mois à venir.
Mesdames et Messieurs,
En ce début d’année nouvelle, permettez moi de former pour vous-mêmes et tous ceux qui vous sont chers, pour notre pays et pour le Mozambique, des vœux nombreux de bonheur, de santé et de prospérité.
Meilleurs vœux à tous.
Chers collègues, Mesdames et Messieurs,
C’est maintenant avec un grand plaisir que je vais m’acquitter d’une tâche bien agréable, celle de distinguer certains d’entre vous pour leur dévouement au service de notre représentation au Mozambique.
Qu’ils aient servi à la Résidence, à la Chancellerie diplomatique ou à l’Agence française de développement, tous ont fait preuve de disponibilité, de compétence et ont activement participé, dans les fonctions qui étaient les leurs, à l’action conduite par la France dans ce pays ami.
Au moment de leur remettre les distinctions qui leur ont été décernées, je tiens à les remercier chaleureusement.
Mme Maria Teresa Viegas,
Pour les qualités humaines et professionnelles que vous avez démontrées tout au long des vingt années passées au service de l’Agence Française de développement,
Et au nom du Président de la République, nous vous remettons les insignes de Chevalier de l’Ordre National du Mérite.
Mme Adélaïde Odete Peixeto Ferreira,
Pour le dévouement, la disponibilité, l’engagement personnel qui ont été les vôtres dans les fonctions qui vous ont été confiées au sein de l’Agence Française de Développement au cours de vos dix huit années de service,
Et au nom du Président de la République, nous vous remettons les insignes de Chevalier de l’Ordre National du Mérite.
M. Henrique Manjate,
Pour vos quarante années de service en qualité de maître d’hôtel de la Résidence, d’abord au Consulat Général de France à Lourenço Marques, puis à l’Ambassade de France au Mozambique,
Je vous remets la Médaille d’Honneur du Travail Or et Grand Or.
M. Adriano Manhica,
Pour les trente et une années passées au service de l’Ambassade de France au Mozambique en qualité de conducteur automobile,
Je vous remets la Médaille d’Honneur du Travail Argent et Vermeil.
M. Francisco Nhone,
Pour les trente années passées au service de l’Ambassade de France au Mozambique en qualité d’huissier,
Je vous remets la Médaille d’Honneur du Travail Argent et Vermeil.
M. Elias Muianga,
Pour les vingt sept années passées au service de l’Ambassade de France au Mozambique en qualité de coursier,
Je vous remets la Médaille d’Honneur du Travail Argent.
M. Anivo Guirrugo
Pour les vingt et un ans passés au service de l’Agence française de développement en qualité de gardien,
Je vous remets la Médaille d’Honneur du Travail Argent.
Mme Maria José Graça-Lemos
Pour les vingt ans passés au service de l’Agence française de développement en qualité de réceptionniste-standardiste,
Je vous remets la Médaille d’Honneur du Travail Argent.
